« Le corps de la danseuse chaoui est un instrument par lequel elle jette dans l’espace des vibrations, des vagues de musique qui lui permette d’exprimer toutes ces émotions »

Le chaoui est un genre de musique berbère issu des Aurès en Algérie. C’est un mélange de musique sahraoui et de rythmes marqués et dansants et fait partie du terroir de la musique (Aurès). Les premières gravures sur bande magnétique remontent aux années 1930 avec Aïssa Jermouni où la musique Chaoui a été éditée au niveau international. Au fil des années, le chaoui a donné naissance à des sous-genres variés. Le genre s’est popularisé dans les années 1930 et 1940, et il génère toujours dans les années 2000 un fort engouement de la part de ses fans à travers le pays et surtout dans les Aurès.

Caractéristiques

Dans sa configuration instrumentale la plus fréquente, un groupe de musique Chaoui comprend une zorna, une gasba, un bendir et un ou plusieurs chanteurs (qui peu(ven)t jouer ou non d’un instrument comme le bendir). On peut trouver aussi la derbouka et le qarqabou et autres instruments de percussion comme dans le groupe de Tafert. Le chaoui moderne peut aussi utiliser des instruments non traditionnels à la musique Chaoui comme la guitare rythmique.

Zorna

Une zorna est un instrument de musique d’origine perse apparu au VIIIe siècle. Il s’agit d’un instrument à vent à double anches, qui s’apparente à la famille des hautbois.

Gasba

Le Gasba est l’instrument de prédilection des Aurès. D’ailleurs une icône chaoui tel que le grand chanteur et poète Aïssa Jermouni, dit Aissa Djermouni, ou Aïssa L’Jarmouni né à en 1886 à M’toussa (Khenchela), en Algérie et mort à Aïn Béïda le 16 décembre 1946. Il a enregistré plus de 35 chansons traditionnelles chaouis. En 1937, il est le premier chanteur africain chantant en berbère et en arabe à se produire à l’Olympia.

Bendir

Le rythme particulier du bendir chez les Chaouis se retrouve dans quasiment toutes les chansons des Aurès.

La voix

Les techniques vocales dans la musique Chaoui varient grandement d’un groupe à l’autre. La voix doit être très forte comme celle d’Aïssa Jermouni qu’on appelle Amediaz d’après le chercheur marocain en musicologie, Abdelaziz Benabdeljalil, Imediazen en Tamazhigh signifie Troubadour. Ou bien la voix de Markunda Awras ou de Dihya, etc., dans le répertoire exclusivement en langue chaoui, douce et traditionnelle de la région, on ne peut pas la confondre avec un autre style de musique. L’habileté vocale des chanteurs peut s’observer aussi bien dans les voix théâtrales couvrant plusieurs octaves d’Houria Aïchi. Elle est dotée d’une très belle voix, puissante, à la fois pure et gutturale, elle est l’une des grandes voix féminines du monde entier.

Rahaba

Rahaba ou Irahaben, ou encore Sebaha, il existe une multitude de groupes comme Refâa, Yabous, Taxlent, Yakub, ithran khenchela. Chaque groupe a sa particularité et s’ils ont en commun le chant chaoui, il y a cependant diversités de danses et thèmes sur le chant. En général la troupe est composée de chanteurs, de joueurs de flûte et de bendir.

Langage musical

Accords

L’une des caractéristiques de la musique Chaouia est qu’elle ne dépasse pas les trois notes, comme dans toute la musique berbère, la musique chaoui est une musique très tonique, elle ne contienne pas le mode majeur ou le mode mineur comme dans la musique occidentale ou le maqâm dans la musique arabe.

Thèmes

À l’origine les musiciens chaoui étaient des bergers qui vivent dans les montagnes des Aurès, et ils chantaient de la poésie8. Comme tous les grands de la chanson Chaouia notamment avec Aïssa Jermouni, ou bien les paroles des chansons étaient un moment de leurs vies ou des environs qui les entourent, mais en général, les thèmes choisis font référence à des faits historiques comme la guerre de libération nationale et de ses héros tels que Mostefa Ben Boulaïd, Amirouche. Mais aussi des thèmes joyeux comme des fêtes locales ou religieuses ou des mariages chaoui.

Le Chant Chaoui

Il y a des petites chansonnettes qu’on appelle en berbère des Izlen, ils se composent de 4 à 5 vers, répétitifs que l’on retrouve dans les Aurès en Kabylie, au Hoggar. La région des Aurès recèle de véritables trésors musicaux, du côté du Tébessa on trouve le Rekrouki ou Rakrouk qui veut dire écho, c’est un genre propre à la région de Tébessa. Les Ait selam se singularisent par un genre féminin L’Azzekar, chez les Ait Miloulpar Ajelass proches de celui de la tribu Ahidous du Maroc. Il y a aussi Tinzarine lie au Rite de la pluie Anzar (Anzar c’est le dieu de la pluie diaprée Gabriel Camps). C’est une légende célèbre laure des périodes des sècheresses on évoque par des chants le dieu de la pluie, c’est un rite païen. Il y a un autre genre de chant qui s’appelle la berceuse, Tigougaine ou Taourial, Aourial veut dire berceau. Mais la plus célébrée, c’est Ayache. Le chaoui moderne, est très lié au chaoui (ils sont d’ailleurs souvent confondus), puisque dans le chaoui moderne les artistes chantent parfois des anciennes chansons chaoui, dans ce sous-style là en mélangeant la musique chaoui traditionnelle à d’autres styles musicaux. Le groupe Tafert mélange les styles rock, jazz et celtique ou encore Gnawa, mais toujours avec le style chaoui et en langue chaoui. La musique du groupe de Rafika Hakkar qui est Madioko, est une rencontre envoûtante et entraînante de la culture des Aures (musique chaoui) avec du bendir et de l’électrofunk, et il est considéré comme du Funk-Chawi. Mais aussi on trouve d’autres styles comme le Rock chaoui notamment de Djo, chanteur du groupe Les Berbères de Oum el Bouaghi qui ont fait mêler un cri de la montagne avec le rythme du rock, ou même le Groupe Maskula de Khenchela qui s’inspire de ce dernier. Mais il y a aussi des groupes à tendance métal comme le groupe de la région de Tkout Numidas qui ont su fusionner la musique chaoui avec du métal et du Reggae. Le Groupe Iwal de Tkout, fondé par Nasrine et Fayssal, on révolutionnait la chanson chaoui moderne afin de casser les tabous par leur style incorporant le théâtre et le chant, ce groupe s’est produit à l’Opéra d’Alger.

La Danse Chaoui

C’est une danse féminine pratiquée dans la région de Batna à l’Est d’Alger, accompagnée de « Ghaïta », « Bendir » et de « Gasba ». Les danseuses, agitent de leurs mains des foulards et glissent avec grâce à petits pas légers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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